L'ingénieur engagé
pour la gestion durable
des ressources naturelles

École Nationale Supérieure en Environnement, Géoressources et
Ingénierie du Développement Durable

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Conférence
Jeudi 24
janvier 2019

[Conférence-débat] Alimentation durable : de l’environnement à la santé

Bordeaux INP donnait la parole à ses experts, mardi 22 janvier 2019, sur le thème de l’alimentation durable. À cette occasion, Véronique Pallet, Alain Dupuy, Fernando Leal-Calderon et Pierre Couderc ont échangé sur les grands défis liés à une alimentation dite durable.

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Une alimentation durable a pour objectif d’être à la fois favorable à la santé et issue d’un système de production durable pour la planète.

« Selon l’OMS, favorable à la santé signifie qu’elle permet un bien-être physique, mental et social. »

Véronique Pallet, vice-présidente en charge de la Recherche et du Transfert de technologie de Bordeaux INP.

Une transition nécessaire

Dans le développement durable, le défi est triple : environnemental, sociétal et économique. La production et une consommation durable n’y échappent pas.
D’ici 2050, il s’agirait pour nous d’assurer 70% de ressources supplémentaires, dans un monde qui devrait compter entre 9 et 10 milliards d’habitants. Quels sont donc les enjeux d’une production durable ?

« Nous sommes à un point d’inflexion : nous avons vécu avec le souci de nourrir ; aujourd’hui la question est : comment nourrir de façon durable ? »

Pierre Couderc, directeur général du Groupe Euralis

«  La filière agricole doit produire sans abimer la planète. L’agriculture bio et l’agriculture intensive doivent cohabiter. Il faut encourager l’agriculture productive à utiliser moins d’intrants*, moins de produits phytosanitaires-sanitaires. Il faut aussi créer de la valeur économique et des emplois dans les territoires. »

Fernando Leal-Calderon, Directeur de l’ENSCBP - Bordeaux INP 

L’alimentation doit maintenir en bonne santé

Une étude de 37 chercheurs publiée par The Lancet met en avant l’idée d’une alimentation qui maintienne en bonne santé. Cela passe par une réduction de certains produits générateurs de carbone, en particulier les viandes rouges, et une consommation modérée de produits laitiers. Il faut revenir vers les produits céréaliers complets, privilégier les farines complètes qui conservent les nutriments essentiels, et manger beaucoup de fruits et de légumes.

« Ce profil alimentaire est censé convenir à tous les types de société. Il est adaptable à tous les modes de consommation à condition de pouvoir produire ces produits. »

Véronique Pallet, vice-présidente en charge de la Recherche et du Transfert de technologie de Bordeaux INP.

Initiatives et investissements

Pierre Couderc souligne de son côté une forte croissance de la production bio chez Euralis ainsi que plusieurs initiatives. Le groupe a notamment lancé « la table du producteur »**, pour répondre au besoin du consommateur de « manger local ». Euralis travaille également sur la limitation du packaging, l’emballage recyclable et des produits plus frais avec des réseaux de distribution plus directs.
Des investissements jugés nécessaires qui se chiffrent, dans le cas d’Euralis, à plusieurs centaines de millions sur la trentaine d’années à venir.

Selon le directeur du groupe la question du véganisme fait également partie des défis à relever et représente de grandes opportunités pour le futur.

« La consommation de viande, rouge en particulier, est excessive et pas bonne pour la santé. La hausse de la production de protéines végétales est une évidence. Soja, pois chiches, légumineuses sont des compléments intéressants pour des rotations de cultures. »

Pierre Couderc, directeur général du Groupe Euralis

Un avis partagé par Laure et Mélody, élèves-ingénieurs du département Agroalimentaire – Génie biologique, qui, avec leurs camarades, ont créé Lempoïa , un substitut de tofu, destiné au marché végétarien et vegan. Il se consomme froid (seul ou en salade) ou chaud (cuisiné par exemple en sauce ou en friture). Lempoïa est fabriqué en France et ses ingrédients sont tous issus de producteurs locaux et sans OGM. Avec ce produit elles ont reçu la Mention spéciale ECOTROPHELIA coup de coeur Nutrition - Nutrisens en 2018.

La problématique de l’eau

Le grand défi que rencontre une alimentation et une production agricole durable est la disponibilité de l’eau dans les années à venir.

« On risque d’avoir des conflits d’usage entre eau potable, eau d’irrigation et eau industrielle. (…) On envisage une multiplication par 6 des déficits hydriques dans le Bassin Adour-GAronne d’ici 2050 (…) »

Alain Dupuy, Directeur de l’ENSEGID - Bordeaux INP

Afin d’éviter ce conflit il est nécessaire de réduire les produits phytosanitaires qui ont un impact sur l’eau et les éco-systèmes. L’agriculture bio, de précision, le bio contrôle et des produits phytosanitaires bio, sont selon Fernando Leal-Caron , les stratégies possibles pour répondre à cette problématique.

Comment Bordeaux INP et ses écoles préparent les futurs ingénieurs à ces défis ?

Afin de former les ingénieurs de demain à répondre aux défis précédemment discutés, Bordeaux INP :

L’établissement a placé les sujets dont il est question ici au premier plan de sa stratégie de développement.

« Les conférences-débats comme celle-ci contribuent au transfert de technologie, à diffuser nos savoir-faire auprès du public et des acteurs socio-économiques. »

Marc Phalippou, Directeur général de Bordeaux INP

L'ENSEGID forme notamment l'ingénieur engagé pour la gestion durable des ressources naturelles et l'ENSCBP propose une spécialisation en agroalimentaire-génie biologique ou industriel.


Retrouvez l'intégralité de la conférence en vidéo !

 

*Intrants agricoles (énergie, engrais, matériel).
**Des zones sont ouverts à ses producteurs dans les magasins  « Point Vert ».
Publiée le
24 janvier 2019